elevage canin

Histoire: origine et évolution des races japonaises

Il y a moins de 10 ans, les chiens japonais étaient encore inconnus du grand public occidental et, seuls, quelques initiés étaient à même de distinguer un Akita d’un Shiba.

Aussi amateurs de races rares nous sommes nous lancés dans la découverte de ces chiens fantastiques aux caractères et au physique bien typiques. Ce qui nous a attiré chez eux en priorité, c’est bien évidemment le fait que nous retrouvions en eux plusieurs points communs avec notre grand amour, le Husky de Sibérie, la même vibration, proximité avec l’homme. Toutefois avec certains défauts, généralistes d’ailleurs, en moins.

Des chiens pour toutes les situations:
origine et évolution des races japonaises

Examinant la faune canine du Japon, force nous est de constater que, dans l’ensemble des îles nous retrouvons en réduction, un ensemble de races qui répondaient parfaitement aux exigences humaines primordiales : la protection, la garde, la chasse, le plaisir et la compagnie. Ces races là étaient tellement proches de leurs maîtres, des familles que nous retrouvons dans leurs caractéristiques non seulement les facultés pour lesquelles elles avaient été sélectionnées mais une proximité des gens que nous ne rencontrons que dans peu de races. Certainement que cette richesse vient du fait du cloisonnement territorial dans lequel elles se trouvaient, liées à des familles, des seigneurs et propres à une région, jalousement préservées comme l’image du peuple qui les avait élevées.

Parce que l’homme est sédentaire qui mieux que le chien se trouvait apte à aider son maître que ce soit dans la traque, lors de la pêche ou encore pour donner l’alerte et mettre en fuite le visiteur ? Les japonais l’ont très vite compris, mais sans en faire un esclave bête et stupide au service de l’homme, mais plutôt en s’en faisant un complice pour la vie.

La chien est à l’image de la culture japonaise traditionnelle, eh oui, car en ce qui concerne le japon on peut oser parler de culture du chien, ne serait-ce que par le fait que le chien n’était pas à l’image de nos chiens de ferme mal considérés et n’étant qu’un animal de plus au service de l’homme. De nombreuses races ont donc vu le jour au pays du soleil levant, principalement en fonction des usages évoqués ci-dessus mais tous typés nippons avec des poils courts, présentant tous des oreilles triangulaires et dressées et un fouet enroulé sur le dos. Comme si il y avait dans ce pays s’entredéchirant par des guerres seigneuriales à répétition, une volonté d’uniformité.

origine et évolution des races japonaises

On peut sans conteste déterminer l’origine du chien japonais à la région Sibérienne hyper connue, berceau du Husky de Sibérie, le lac Baïkal. Certains peuples japonais d’ailleurs aujourd’hui pratiquement disparus y trouvent aussi leur origine, comme par exemple les Ainu’s (l’Ainu, chien qui porte le nom de son peuple, est devenu l’Hokkaïdo pour nous européens alors qu’au Japon il a gardé son nom d’origine). L’évolution des différentes races a alors débuté en fonction des régions où il évoluait et des tâches qui allaient lui être confiées.

Cette culture du chien au Japon c’est un peu étiolée malheureusement, au cours des siècles du fait de la surpopulation japonaise et les habitudes ancestrales ont été misent à rude épreuve par le manque de place, les impératifs économiques, l’augmentation du temps de travail et l’essort industriel qui ont changé toutes les habitude y compris le mode de vie.Ce qui fait que l’intérêt des japonais s’est plutôt concentré sur les petites races comme le Shiba.

Outre le développement urbain au 20ème siècle, la rage a fait son apparition au Japon et marque le début d’une période noire pour de nombreux chiens qui furent massacrés. Un lourd impôt est levé sur les chiens dont le nombre se réduit une nouvelle fois.

Heureusement dans les années 20, les scientifiques et la population prirent conscience de l’importance du patrimoine ancestral. Des chercheurs se penchèrent sur le sort des chiens de race locales et, alors que dans les autres pays du monde la protection du patrimoine national s’évertuait, tant bien que mal, à classer et à protéger des monuments, des sites ou des endroits naturels, dans le Pays du Soleil Levant ce furent les chiens qui profitèrent d’une protection particulière.

Dès 1933, l’Akita fut officiellement protégé par le gouvernement et très rapidement suivi d’autres races : en 1934, le Kaï et le Shiba et enfin en 1936 l’Hokkaïdo. Les autres races n’eurent pas besoin de protection de par leur qualité de chiens de compagnie.

origine et évolution des races japonaises
L’implantation des races japonaises dans le monde:

Toujours actif aujourd’hui, le Nippo veille à la protection des standards, émet ses propres pedigrees, différents de ceux du JKC, mais très appréciés par les connaisseurs. Il a pour rôle de protéger ce patrimoine ancestral mais surtout d’éviter que la pression économique et les éleveurs européens, américains et autres, ne viennent s’approprier ce qui est et doit rester un monument national au Japon.

Si cette protection par le Nippo reste d’actualité, il n’a pas pu empêcher les Américains, lors de la dernière guerre mondiale, qui en tant que vainqueurs, ne se sont pas gênés pour ramener des bouts de patrimoine nippon aux USA, soit un multitude de chiens empruntés à l’ennemi… à tort ou à raison, il ne nous appartient pas de juger mais ils ont été certainement à la base de la reconnaissance des races japonaises à travers le monde.

Après cet épisode pas très glorieux, certains éleveurs français et autres, avec leurs dollars, ont commencé à s’approprier de beaux et bons chiens d’origine japonaise, parfois sans aucun respect et en les utilisant à bon et mauvais escient pour faire un profit plus qu’intéressant dans la plupart des cas. Quelques uns toutefois de par la qualité de leur travail et leur engagement pour ces races, ont été à la base de cette reconnaissance par le grand public et nous leur devons beaucoup, même si ils en ont bien profité, pour la qualité de leur travail et toutes les études, recherches, etc. mais surtout pour la promotion et la reconnaissance de ces races exceptionnelles.

Parmi les races japonaises, nous pouvons constater trois courants bien
définis:

  • tout d’abord les chiens qui ont quitté le pays et se sont multipliés à l’étranger, c’est le cas de l’Akita et cela commence à être le cas du Shiba. En espérant que l’effet de mode ne commence pas à dénaturer ces races comme cela en a été le cas pour d’autres races.

  • ceux qui commencent une percée lente mais qui pourrait s’avérer fructueuse comme l’Hokkaïdo.

  • enfin, ceux qui ne s’exportent que peu, voire pas du tout comme le Kaï, le Kishu etc
origine et évolution des races japonaises

A cet état de choses, différentes raisons peuvent être avancées:

- l’insularité qui fait que les Japonais vivaient encore il y a quelques années en circuit relativement fermé et avaient donc des difficultés à entrer en contact avec les étrangers susceptibles de leur acheter un chien.

- le manque d’intérêt marqué des éleveurs pour l’exportation du fait d’un marché intérieur suffisant.

- le prix et la durée d’exportation d’un sujet venant du Japon. Sans même savoir s’il sera conforme au standard et valable pour l’élevage, faire venir un chien présente parfois d’importants délais d’attente et coûte cher.

- la différence des mentalités japonaises et européennes : très respectueux des convenances, les japonais sont parfois choqués par l’impatience de leurs interlocuteurs européens, par leur impertinence et leur manque de respect.

Et il ne faut évidemment pas oublier le fait que ces chiens sont vraiment historiquement ancrés dans l’histoire de ce pays et sont vraiment des trésors à préserver surtout des marchés économiques pratiqués par certains éleveurs peu respectueux.

Aussi s’agissait-il d’un véritable défi de se lancer dans l’élevage de chiens de races japonaises si rares et qui fait aujourd’hui notre fierté.

Inu ou ken:

Lorsque l’on cite le nom d’un chien japonais, celui-ci est immanquablement suivi du terme inu ou ken et il importe de donner quelques explications à ce sujet.

Ces deux termes signifient « chien » et leur emploi est basé sur l’usage courant. Ainsi nous parlerons d’Akita Inu mais de Kaï ken.

La position des Trésors face aux races japonaises et au peuple japonais

origine et évolution des races japonaises

Il existe, malheureusement en France un énorme marché du chien japonais importé et les éleveurs à la base de ce trafic (car il ne s’agit que de cela, à part qu’il est autorisé) commercialisent n’importe comment ces trésors japonais, sans scrupule et à des prix prohibitifs. Ces pratiques sont évidemment très loin de ce que nous tolérons aux trésors, nous estimons à tort ou à raison, que même si nous contribuons à la reconnaissance des races japonaises en Europe ou dans le monde, nous ne devons pas être les instruments du démantèlement des trésors nippons.

Surtout qu’il n’y a plus aucune raison de le faire dès le moment où, dans des races comme l’Akita et le Shiba, nous disposons de suffisamment de lignées intéressantes et bourrées de qualités qui permettraient même de concurrencer les Japonais en exposition.

Par contre, pour les autres races, comme pour le Kaï dont nous sommes les seuls à détenir des sujets en Europe, il nous paraît indispensable que en accord avec les hautes instances du Nippo, on arrive à concrétiser des accords nous permettant d’en importer, un nombre de sujets réduits, et que ceux-ci restent sous contrôle de cette société. Il est à notre sens plus logique de prendre les devants dans des accords entre nos clubs de races et le Nippo pour l’importation d’un certain nombre de sujets ce qui éviterait que les grands businessmen du chien s’accaparent malhonnêtement ces trésors japonais pour leur seul profit.

Il serait peut-être temps que les japonais comprennent l’intérêt que suscitent ces races en Europe et dans le monde et qu’il vaut mieux travailler en parfaite intelligence plutôt que celles-ci ne soient l’objet de trafics comme c’en est le cas aujourd’hui.

Pour nous, l’amour d’une race passe obligatoirement par le respect de cette race, mais aussi du peuple qui sût lui donner ses lettres de noblesse.